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Au loin, il y a des cratères, puis un champ de lave, puis un bonhomme qui grimpe sur un monticule et un autre, déjà posé, qui observe le monde. Si on continue dans la même direction, on croise un appareil photo tout seul sur son trépied qui cliquette régulièrement et, tout près, une route. De l'autre côté de la route, quelques campers garés le coffre ouvert, des gens qui enlèvent leur maillot et enfilent un vêtement léger pour la soirée, une plage, puis l'océan. Sur la plage, une famille attire mon attention : quatre splendeurs d'or sombre aux cheveux platine s'activent autour de leur tente. Le petit garçon et la petite fille courent en riant dans le sable, leurs longues chevelures hirsutes, épaissies par le sel, ondulant loin derrière eux. Ils se chamaillent comme deux petits lions, avec une agilité et une grâce inhumaine. À côté d'eux, leur père semble se déplacer au ralenti. Sa musculature est stupéfiante ; il a le torse et les bras d'un Rodin, je jurerais qu'il en a la consistance. Il exsude la densité, la force, le calme, l'équilibre. Il a le corps puissant et souple des pacifistes. Son existence seule impose la rêverie. Cependant qu'il dispose consciencieusement le couvert pour le diner familial, sa femme ratisse le devant de leur tente avec un morceau de carton. Bien plantée sur ses solides jambes, elle se plie en deux à un rythme soutenu et expédie alentour des pelletées volumineuses de sable dont le vent transforme une partie en gracieuses volutes. Ces jeux de matières, de courbes et de lumière éloignent encore un instant mon regard de l'inévitable centre d'attention - la mère me tourne le dos - de cette étourdissante scène : son cul. Ce cul superbe, si rebondi qu'il a laissé sur les jambes de sa propriétaire, tout en haut de ses cuisses, aux plis qui les séparent des fesses, deux croissants de lune d'une blancheur aveuglante dans cet océan d'or, deux intimes croissants de chair, jalousement cachés au soleil, offerts, pourtant, par le hasard des urgences domestiques et artistiques à mon attention ébahie. Jamais je n'ai vu de cul si souriant. Ni de plus belle famille. Je les ai contemplés un long moment, comme en prière, puis je suis reparti, rasséréné.
"L'intuition du loup" - 73/117 de la série "Présent" - Fuerteventura Après le pavé précédent, je vous épargne la dose habituelle de lecture :) La photo est d'ailleurs suffisament lisible comme ça ^^ Bon week-end !
Salut tout le monde 😊 Ce soir, j’ai décidé de vous raconter comment une bande-dessinée a radicalement changé ma vie. Cette bd, c’est « Un petit goût de noisette » de Vanyda, dont le T.2 : « Un petit goût de noisette et de fruits rouge » vient d’arriver dans vos librairies. Il y a un peu plus de 5 ans, je suis tombé sur le premier tome par pur hasard alors que je cherchais un cadeau pour ma nièce ; la couverture, inhabituelle et subtile, a accroché mon regard, les premières pages survolées m’ont aspiré comme à peu près rien ne l’avait fait auparavant … Après m’être arraché à ce qui s’annonçait être une lecture inimaginablement délicieuse, j’en ai acheté deux tomes d’emblée, un pour ma nièce et un pour moi. Je l’ai lu deux fois de suite. Dans une intuition de mouvement perpétuel, j’ai rouvert la première page en tournant la dernière. Cela ne m’était arrivé qu’une fois auparavant : à la lecture de « Kafka sur le rivage » de Haruki Murakami. C’était trop bon. C’était beau. C’était drôle, vif, joyeux. Bref, ça résonnait ; « Un petit goût de noisette » est entré dès sa première dégustation dans le top 10 de mes œuvres fondatrices. Je n’imaginais pas à l’époque qu’elle deviendrait un jour, et sans comparaison possible avec les autres, l’œuvre qui aurait le plus d’influence sur ma vie. [suite en commentaire ...]
Merci, notre dame, de nous avoir coupé le souffle si longtemps de votre ineffable splendeur. Gardez s'il vous plait dans ce brasier une étincelle de vie, qu'on puisse vous rendre à votre immortalité, pour nos enfants et les leurs. #notredame
À toujours aller piocher dans mes vieux textes pour accompagner un peu aléatoirement mes images, mine de rien, ça fait un bout de temps que je ne vous ai pas écrit directement. Si longtemps que je n'ai même pas vraiment signalé, je crois, que nous en avons fini avec les photos de Lanzarote, et que nous sommes désormais passés à Fuerteventura. On en est à l'autoportrait 72 / 117, et au 8e jour de boulot. J'ai eu des remarques de fans inconditionnels qui m'ont avoué que même eux commençaient à trouver ça un peu répétitif. Je comprends tout à fait. J'ai fait le choix de vous montrer toutes les photos des Canaries, dans l'ordre, sans trier, pour vous montrer le parcours, plutôt que la série en tant que telle, qui ne devrait pas compter plus d'une trentaine de photographies en tout sur les 117. Vous avez tout le processus, les ratés, les sans grand intérêt, et celles qui tiennent vraiment la route. Le souci, c'est que vous les dégustez sur 9 mois, alors que je les ai faites en dix jours. Ça demande de la patience. C'est un peu pour ça que je fais mes Stories en parallèle, pour montrer d'autres photos d'autres temps et d'autres séries, dans d'autres paysages et d'autres tenues, avec des messages divers ... Mais peut-être que ça ne suffit pas. Dites-moi si vous voulez que j'intercale entre mes photos des Canaries certaines de mes photos d'avant ici, juste pour quitter un peu la mer et le soleil et les rochers noirs, une fois de temps en temps ? Ou si on retient tous ensemble notre respiration, et qu'on finit les Canaries en apnée, avec parfois des surprises, comme les dernières photos sur le sable blanc ? Pour lesquelles j'ai reçu beaucoup d'éloges (merci, d'ailleurs ^^). Dites-moi. Sinon, on approche des événements du printemps : Du 25 avril au 26 mai, je vais avoir un grand format absolument inédit, jamais apparu nulle part, qui devait être la photographie postée aujourd'hui, la 71, mais que je garde secrète pour l'exposition, au Festival de Mode, de Photographie et d'Accessoires de Mode à Hyères, sous la direction de @jeanpierreblanc1 [suite des actus en commentaire ...]
30/12/07 Terrassé hier soir par de violents maux de tête, je suis allé me coucher en me fustigeant de ne t’avoir pas souhaité une douce nuit et une joyeuse journée. Pendant que la conscience me quittait, je ressassais continuellement les mots que je t’écrirais aujourd’hui pour me faire excuser sans jamais trouver de formules satisfaisantes. C’est la nuit elle-même qui me les a soufflées ! La douce nuit et mon réveil. Quel réjouissant réveil ! Je venais de sortir de ma chambre, encore plein de songes dionysiaques dont je peinais à me dépêtrer. Je regardais le soleil se lever et savourais la caresse du vent sur mon corps, m’interrogeant sur la stupéfiante puissance de mon rêve, lorsqu’une folle apparition me surprit. Mr Formidable, mon parrain, dévalait le pont en sautillant comme un dément, toutes dents dehors ! Balançant des hanches, secouant la tête et lançant aléatoirement ses bras dans toutes les directions, il passa devant mon corps pétrifié d’ébahissement dans une trombe d’euphorie. Un instant plus tard, il avait disparu. Si l’écho de son joyeux « Salut ! » n’avait encore traîné dans les airs, j’aurais sans doute cru être devenu fou. Mais son passage était indéniable et ne me laissait que peu de choix. Imitant sa gesticulation, je m’empressai de le rattraper et, bientôt, nous atteignîmes tels deux poulpes furieux d’extase la table du petit-déjeuner. Celle-ci était déserte. Mais notre frénésie n’était pas de celles qu’un spectacle de petite désolation suffit à étouffer et il nous fallut tourner autour du buffet dans une danse tribale décroissante pendant quelques minutes encore avant de pouvoir trouver le calme nécessaire pour nous asseoir. Les volutes rageuses de notre fol entrain auroral planaient encore au-dessus de nos têtes lorsqu’une deuxième apparition survint. [...]
31/12/07 Je partage ma cabine avec un monsieur hautement singulier. Mr Didier est un petit homme courbé, chauve et abondamment moustachu. D’une gentillesse et d’une discrétion à toute épreuve, ce cinquantenaire d’origine française mais vivant en Suisse adore pêle-mêle la plongée, Johnny Depp, son nouvel i-pod, sa gourmette en argent et le chocolat. Il vit seul à Martini où il assiste depuis dix ans un fameux chirurgien. Mr Didier a le corps décharné et la peau parcheminée qu’on attribue dans les légendes aux intemporels bibliothécaires. Il en a aussi la patience. Il abrite consciencieusement en lui la douce folie des vieux solitaires. Mr Didier ne me parle jamais sans s’être préalablement assuré qu’il a mon attention. Il faut que je précise qu’il n’exige rien : il ne fait que solliciter. Avec humilité, dirais-je, s’il y avait la moindre raison d’être humble devant moi. Il chuchote mon prénom – il chuchote toujours – à lents intervalles jusqu’à ce que je lève les yeux vers lui, conscient enfin de sa présence. « Gaspard. Je pensais prendre une cannette, désireriez-vous quelque chose ? Puis-je vous inviter ? » « Gaspard. Gaspard. Avez-vous vu ce gros poulpe en fin de plongée ? » « Gaspard. Je compte regarder Pirates des Caraïbes ce soir, cela vous dérange-t-il ? Voulez-vous le regarder avec moi ? » Charmé par tant de civilité, j’ai choisi rapidement de me comporter de la même manière avec lui. « Mr Didier. Aurez-vous encore besoin de la lumière ? Puis-je éteindre ? Dois-je laisser le ventilateur en marche ? » Chacun se place en serviteur de l’autre et en cela il me rappelle souvent, bien qu’à un degré beaucoup moins pur, un ami cher à nos deux cœurs. Bénies soient ces deux âmes. Côtoyer des êtres de cette qualité constitue un précieux baume spirituel. Leur acceptation tranquille d’autrui et leur adaptation à eux – à vous – est un enchantement, mais la véritable médecine n’intervient que lorsque vous vous essayez à leur rendre la pareille et constatez à la fois que vous en êtes capable et qu’ils apprécient vos efforts. Plus d’une fois, je me suis pris à rêver, au contact de Timothée, qu’il m’avait contaminé, ou converti. Transformé. (suite en comment..)
Être. Tout de suite. — Allez, m’exhortai-je, libère-toi ! Ne pense plus à rien et sois. Ne pense pas ! Surtout pas ! Agis ! De quoi as-tu envie ? Je regardai autour de moi. J’étais dans une petite rue pavée au pied de la Butte Montmartre. De quoi avais-je envie ? Si je pouvais tout faire, si j’étais le maître du monde, qu’aurais-je fait à cette seconde précise ? Et à la suivante ? Bouffer ! Baiser ! Détruire ! Je rejetai ces pulsions grossières en bloc. Elles étaient le fruit d’un faux inconscient, une identité collective, mâle, éduquée par la société, qui avait vu dans mon offre de liberté l’occasion de se manifester. Je ne ressentais pas ces désirs, je les proposais par paresse. Au Diable la paresse ! C’était un être humain que je visais à devenir, pas un singe. Bouffer ! Baiser ! Quelle tristesse ! Détruire, à la rigueur, mais sous certaines conditions qui n’étaient pas à ma portée. Il aurait fallu pouvoir éradiquer la vie sur Terre, il aurait fallu la puissance de ma forme démoniaque. Incarner le Mal, et le répandre à grande échelle pour se divertir un peu. Tuer par ennui, pourquoi pas ? En revanche, quel mal Victor pouvait-il causer ? J’aurais pu déloger un pavé de la chaussée et le projeter dans une vitrine avoisinante … Et accomplir ainsi un acte de pure stupidité. Non. Je voulais éprouver ma nature, pas mon taux de testostérone. — Concentre-toi, fis-je encore, fais le calme en toi. Laisse ton corps décider le prochain mouvement qu’il veut faire. J’obéis. Immobile sur le trottoir, les jambes légèrement écartées, les bras ballants, les yeux fermés, je tus toute pensée en moi et me tins à l’affut. J’abandonnai les commandes. Au moindre signal, à la moindre perception de la plus infime tendance, mon intuition prendrait le volant. Le temps passa. Rien ne surgit. Le néant resta néant. J’oscillais ostensiblement d’avant en arrière au rythme de mes battements de cœur. Mes genoux grinçaient. J’entendais les bruits de la ville, mais ils ne m’inspiraient rien. J’étais vide.
"J'aurais pu naître mouette" En exposition du 4 au 12 mai au FEPN, à Arles. Armor Chronicles - 110e jour - 8e entrée : 01 / 10 / 2010 La vie active pour la plupart. Le Néant selon d’autres. Une sorte de départ dans tous les cas. Vers cette impression floue que chacun s’est faite, au cours de son parcours académique, de l’existence adulte désirée. Vers le respect de soi. J’en étais encore à la lisière il y a un pas. M’y voilà. Dix ans d’attente. Voyons voir … Oui, mon corps m’obéit. Je peux regarder à gauche. Je peux regarder à droite. En bas. En haut. Derrière ? Pas de problème. Libre. Le mot rebondit sur les parois de l’incommensurable grotte au centre de laquelle, assis en tailleur, je trône. Cet espace m’appartient désormais. Un vide à mon échelle, à ma disposition, qu’il me revient de remplir si je le souhaite. Rien ne presse. Je veux d’abord prendre la pleine mesure de ce nouvel environnement. De ce qui m'importe. À mesure que j’agis dans le monde, je construis le mien. Telle est la portée que je veux donner au moindre de mes gestes. Que chaque élément s’imbrique toujours naturellement dans le précédent. Dans cet état d'esprit, l’arrivée d'un nouveau palier est aussi nécessaire que délicate à négocier. S'améliorer sans changer fondamentalement de cap. Aujourd’hui, enfin, j’ai accès au temps. Avec, je vais prendre les plus belles et les plus folles photos imaginables, je vais écrire un livre qui contiendra mon âme dans son intégralité, je vais m’entraîner jusqu’à en être indestructible, je vais regarder le Néant dans les yeux et je vais construire une armure. Réaliser le rêve de tout homme qui se respecte. Rien ne presse mais, à dire vrai, rien ne me retient non plus. Je crois que je vais commencer tout de suite.
Je m’appelais Archibald, et elle s’appelait Violette. J’étais vêtu d’un vieux jean troué, d’une paire de bottes poussiéreuses, de quelques bracelets et colliers en acier, et de lunettes de soleil. Mes larges épaules étaient zébrées de tatouages tribaux. Je conduisais nonchalamment une vieille bécane rafistolée sur une route en mauvais état. Derrière moi, la tête rejetée en arrière, souriant de toutes ses dents, Violette ne portait rien d’autre qu’une petite robe à fleur dont le tissu léger se soulevait au gré des bourrasques. De part et d’autre de l’infinie ligne droite sur laquelle nous roulions, s’étendait un ocre désert rocailleux duquel s’élevaient à intervalles irréguliers quelques tornades de sable. Je sifflotais distraitement un air familier, dont j’essaye toujours, en vain, de me souvenir. Rien ne pressait, rien ne manquait. C’était un instant de complicité partagée. — Dis-moi, Arch’, me lança Violette en enfouissant sa bouille dans ma longue chevelure pour atteindre mon oreille, pourquoi est-ce que tu m’appelles « petite crotte » ? En guise de réponse, je fis une moue au ciel. Ma passagère ne se découragea pas pour autant. — Est-ce que ça a un rapport avec mon prénom ? Parce qu’une grosse crotte, ça sent pas la violette ! Mais une petite … pourquoi pas ? — La rose, petite crotte, répondis-je succinctement. — Quoi, « la rose » ? — On dit : « Ça sent pas la rose ! », pas « Ça sent pas la violette ! » — Selon qui, mon Archibaldou ? Il faut bien que ça sente quelque chose, la violette, répliqua-t-elle en boudant. Et que certaines odeurs diffèrent de … ça. Je restai silencieux. Je regardais les nuages gris sombres, d’où jaillissaient çà et là des cascades de lumière. — C’est pas pour ça, alors, statua Violette après un temps de pause. Je secouai la tête de gauche à droite, sentant au passage le bout de son nez chatouiller ma joue. — C’est parce que je suis minuscule peut-être ? Tu penses, hasarda-t-elle, qu’avec mes toutes petites fesses … je ne peux faire que de toutes petites crottes ! J’écarquillai les yeux. (suite en commentaire)
"Toucher" En exposition au FEPN, du 4 au 12 mai à Arles. Quelques nuages défilèrent. Je tendis mes jambes, bus une gorgée de bière, capturai quelques-unes des sublimes fragrances s’échappant de la chevelure d’Amélie. Elle aussi vivait, de son côté. Elle remuait ses doigts de pieds, étirait un bras, observait un pigeon, les lignes de ma main, le grain des pavés. Des questions me venaient, sur son passé, ses convictions, ses rêves, me traversaient de part en part et s’évanouissaient comme elles étaient apparues. Comme les photons. Comme les nuages. Quelle importance ? Qu’aurais-je pu découvrir de plus vrai que cet instant, que cette pure expérience, que cette sensation incomparable ? Nous étions. Un temps, un lieu, deux êtres humains. Les concepts ne suffisaient plus. Les idées de partage, de communion, de symbiose, d’amour, d’existence flétrissaient dès leur naissance, pour créer un vide aux dimensions adéquates, pour laisser la place à autre chose. À l’instinct. Celui du divin, ou de la vérité ; celui de se savoir dans la bonne voie. L’instinct cosmique d’être en position. Je me sentais pousser les stigmates du messie. Amélie s’appuya sur ma cuisse pour se détacher de moi. — Arch’, demanda-t-elle, j’y pense, pourquoi tu as un gros sac avec toi ? Tu vas quelque part ? Ma couronne d’épines perdit en consistance. — Oui, répondis-je sans réfléchir, je m’en vais.
J’étais au Louvre. Absorbé dans la contemplation des pavés de la cour principale. Fasciné par la douceur et la chaleur avec lesquelles les rayons du soleil venaient effleurer la pierre. Quand cette vision m’a envahi. J’étais devenu un jeune garçon un peu simplet, accroupi confortablement à l’un des angles de la place. Les talons à terre, les coudes sur les genoux, les yeux grands ouverts. Le soleil me chauffant le dos. Je tendais un doigt et touchais le pavé le plus proche de moi en émettant un calme et joyeux « Ha ». Et le monde était changé par ce geste. Mais, tout à ma tâche, je repliais insouciamment mon bras, avançais d’un pas minuscule mes deux pieds et m’en allais à la rencontre d’un deuxième pavé, puis d’un troisième. Peu importe le temps que cela prendrait, la place entière devait y passer. La première pensée que cette scène m’inspira fut celle-ci : « Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas songé à un meilleur objectif de vie ». Établir un contact avec toutes les pierres d’une esplanade, d’une ville, du monde. Avec la tranquille magnificence minérale de la Terre. Et bien sûr, aussi, faire preuve de caractère. Ces éclats multicolores que mon jeune alter ego faisait inconsciemment naître autour de lui, c’était, je crois, sa détermination.
Once in a while, the world agrees.
"Stones and rockets" - 59/117 Ça y est, vous pouvez commencer à prendre vos tickets pour le Festival Européen de la photo de nu, à Arles, du 4 au 12 mai, pour lequel j'ai la responsabilité d'habiller de mes nus une grande salle à l'Espace Van Gogh :) Ça va venir vite !!
Ma publication précédente a été supprimée malgré mon auto-censure ... je vous en mets donc une partie qui devrait ne pas gêner les Instances ^^ Pour la grande, la vraie, la non-censurée, ne reste que l'ultime bastion : F-lickr. /gaspardnoel
Elle m’a lancé un vilain regard de travers. - Qu’est-ce que tu racontes ? Tu ne me dois rien. Si j’ai écrit ces mots, c’est parce qu’ils me sont venus. Si je te les ai envoyés, c’est que l’envie m’en a prise. Et si tu es tombé sur un ou deux « Je t’aime » en les parcourant, à la fin, c’est que je suis amoureuse. Alors quoi ? Tu crois que, comme ça, parce que j’ai écrit des douceurs et que tu les as lues, ça t’a donné d’un coup tout pouvoir sur moi ? Des clous, mon pote. Oui, je t’aime. Je t’aime. De tout mon cœur même, et j’en suis fière. Heureuse aussi. C’est bon, et c’est pour moi ; ton incertitude, ton dédain ou même ta répugnance ne m’en feront pas regretter une miette. J’ai soufflé. Dans sa main, le crayon qu’elle tenait a pris des allures de pic à glace. - Excuse-toi encore, pour voir … - Non, non, je prenais juste des forces pour sauter : moi, je ne t’aime pas. Sur son visage est apparu un air de pure sidération, comme si elle n’avait jusque-là jamais imaginé que puisse exister un type aussi peu dégourdi. Sans prendre la peine de répondre, elle a fait demi-tour et s’est éloignée. Dans ses empreintes de pas, on ne discernait pas la plus petite trace de regret. Ce jour-là, lorsqu’elle disparut au coin de la rue, je songeai en grimaçant que jamais on n’aiguiserait pointe plus perfide que celle qui me traversait le cœur.
La scintillance, au loin, leur vrillait blanc les pupilles, argent ou mauve celles-là, d'un mal de crâne entêtant entre fin de cuite et fin de bataille, à l'orée du repos, quand tout est gourd et lointain, notre sang tout d'abord, fulminant de vie, d'envie, à bout de force, sans trêve il joue, roue, boue, hibou, là-haut, au firmament, le soleil tourne, tourne, et nous toujours, et nous avec.
Dans son suprême entêtement et son effort inhumain, le pauvre homme poursuivait le crapaud au ventre rebondi sans même comprendre qu'il n'était que son ombre déformée et qu'au lieu d'avancer à vive allure, l'un et l'autre chutaient à grande vitesse vers leur pitoyable perte.
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